Interview : Visite de Magyd CHERFI (Groupe Zebda) au collège le 15 décembre 2016

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Magyd CHERFI (en lice pour le prix Goncourt et le Goncourt des lycéens 2016)

Les élèves de 3C et de 3D vont pouvoir interviewer Magyd CHERFI sur ses activités artistiques et littéraires.

Lectures préalables :

  • « La culpabilité«  http://magydcherfi.com/la-culpabilite/
    Extrait :  »
    « Longtemps ma mère a tremblé devant l’instit, le toubib, l’agent payeur, l’épicier, le flic. Elle se savait étrangère, pire algérienne et bien sûr pas la bienvenue. Elle s’est vécue comme celle qui gène, qui est de trop, inopportune et hostile. Avec nombre de ses copines berbères exilées elles se sont acclimatées à la peur, elles ont domestiqué ce tremblement qui pousse les battements du cœur à des records d’athlètes. Ça a été leur gymnastique à elles, sursauter à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Elles se savaient arabes donc maudites par le destin, elles firent avec.
    Jamais au grand jamais elles se sont entendues dire …
    – T’es arabe ? Super !
    Au fil des ans un air de méfiance s’est incrusté comme la moule au rocher, l’air de méfiance et son parangon de haine. Mille fois j’ai vu ma mère mourir de peur pour n’importe quoi et ressusciter, elle avait des bouches à nourrir. D’abord tous les matins à l’heure du facteur et avant d’ouvrir chaque enveloppe engloutir milles supplications pour que le malheur ne se soit pas imbibé d’encre et glissé dans quelques lettres d’alphabet annonçant un départ, un ultimatum, un avertissement, un délai, une obligation de ceci ou l’interdiction de cela ….
    Elle a tremblé mensuellement devant les factures d’eau, d’électricité ou de loyer, tous les trimestres rapport aux bulletins scolaires. Ses peurs régulées par la mécanique administrative ne s’atténuaient pas. Elle s’habituait au coup de semonce, à l’insulte ou l’humiliation. L’idée d’un courrier porteur de bonnes nouvelles ne lui traversait pas l’esprit. Elle s’est littéralement pliée à la règle du plus fort et le plus fort c’était  » l’autre » jamais « nous ». Puis plus tard quand elle a dit « eux » pour évoquer l’ennemi je me suis senti visé, j’étais français.« 
  • Un extrait de Ma part de Gaulois Acte Sud (2016) http://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/ma-part-de-gaulois
    Présentation
    cvt_ma-part-de-gaulois_4162« C’est l’année du baccalauréat pour Magyd, petit Beur de la rue Raphaël, quartiers nord de Toulouse. Une formalité pour les Français, un événement sismique pour l’“indigène”. Pensez donc, le premier bac arabe de la cité. Le bout d’un tunnel, l’apogée d’un long bras de fer avec la fatalité, sous l’incessante pression énamourée de la toute-puissante mère et les quolibets goguenards de la bande. Parce qu’il ne fait pas bon passer pour un “intello” après l’école, dans la périphérie du “vivre ensemble” – Magyd et ses inséparables, Samir le militant et Momo l’artiste de la tchatche, en font l’expérience au quotidien. »
    Extrait
    « Elle nous dirait plus tard, dans son lit d’hôpital, qu’ils s’étaient jetés sur elle pour la simple raison qu’elle lisait un livre. Père et frère d’une seule main l’avaient déchiquetée pour un bouquin. Ils l’avaient avertie maintes fois qu’ils ne voulaient plus la voir lire (…)
    Elle s’était dit : « Je vais m’en passer » et se contentait de quelques heures en notre compagnie pour lire. Puis un jour de malheur je lui avais parlé d’un livre démoniaque de Zweig, -Vingt-quatre heures de la vie d’une femme-, qui raconte l’histoire d’une bourgeoise à qui rien ne manque et qui abandonne tout pour vivre l’amour qu’elle croit vrai et le temps de vingt-quatre heures, elle finit par tout perdre.
    Mon récit l’avait envoûtée et elle n’avait pu résister davantage. Ensuite ils l’ont surprise l’objet entre les mains (…)
    Après avoir raconté ça, elle a ri en disant : « Quand ils m’ont attrapée j’avais fini le livre alors je pouvais mourir. »
    J’ai maudit cette illusion de croire qu’un livre vous sauve, un livre quartier nord ça vous écourte le passage sur terre. (p. 46-47) »

    Écoute préalable

  • « Motivés- Le chant des partisans »
  • Le texte « Carnage » paru dans Libération le 13 novembre 2015.

    Dans l’actualité 

    Ma Part de gaulois reçoit le prix Le Parisien-Magazine décembre 2016.
    Le 15 décembre 2016 Rencontre à 19:00 à Pierres vives

    Renc’art avec Magyd Cherfi

    Longue Haleine, lecture musicale de Magyd Cherfi


    En partenariat avec l’association Uni’sons. La lecture sera suivie d’une rencontre et d’une séance de dédicaces.

    Chanteur, acteur et écrivain français, Magyd Cherfi réalisera une lecture musicale inspirée de son dernier ouvrage « Ma part de gaulois » paru chez Actes Sud, témoignage plein de fureur et de tendresse, l’histoire d’un jeune beur de Toulouse qui se construit dans la France d’avant Mitterrand.

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